Posté le 11 avril 2007 & (lectures 13,812)
LFFM: L'Islam ne permet pas les mariages forcés
Pourquoi l'Islam ne permet-il pas les mariages forcés ?

Les mariages forcés sont pratiqués dans différents endroits du monde, soumis aux cultures et aux traditions.  Combien ? On ne saurait le dire avec exactitude malgré certains chiffres relevés.

L’Islam est parfois à tord sur le banc des accusés de ces pratiques. Pourtant, l'Islam ne prescrit en aucun cas  de contrainte dans le choix du conjoint ou dans le mariage. Pour mieux le comprendre, voici des informations sur le mariage en Islam, à travers le Coran et la Sunnah.  



Le mariage dans la notion de couple est une loi qu'Allah a établi dans la création et la formation des mondes. Cette loi est générale et continuelle dont aucun humain, animal ou végétal ne peut échapper : Allah  le Très Haut a dit : Et de chaque chose nous avons crée un couple, peut-être vous rappelleriez-vous [ Sourate 51 - Qui éparpillent - Ad-Dariyat - Verset 49 ].

Allah n'a pas voulu que l'être humain ne soit soumis qu'à son instinct comme un certain nombre de ses créatures. II a posé le régime convenable qui garantie la souveraineté de l'être humain, protège son honneur et préserve sa dignité en faisant du rapport entre l'homme et la femme un rapport précieux basé sur le consentement de l'homme et de la femme, sur l'offre et l'acceptation comme deux aspects de ce consentement et sur un témoignage qui annonce ce que chacun des êtres est devenu pour l'autre.

Par définition, un mariage forcé est un mariage où il manque le consentement de l'homme, ou de la femme ou des deux.  Un mariage sans consentement d'une ou des deux parties est nul selon la loi islamique elle-même.

La liberté et la dignité ont été deux grands droits de la femme acquis grâce à l'avènement de l'Islam, incluant le
droit essentiel de choisir son époux, contrairement à la période anté-islamique où la fille se vendait comme une marchandise.

Nous n'assistons pas à une régression de ce droit à cause de l'Islam car la responsabilité n’incombe pas à la religion musulmane mais à un abus d’autorité parentale ou à d'autres dérives traditionnelles.
En dépit des enseignements nombreux de l’islam, certains pères continent de nier ce droit à leur fille et les marient sans leur consentement.
Ne savent-ils donc pas qu’un mariage conclu sans consentement d'une ou des deux parties est nul selon la loi islamique elle-même ?

Notons ce que dit la tradition Prophétique à ce sujet :
Selon un Hadith authentique rapporté par Boukhâri

« Selon Abou Houreira, le Prophéte (bdsl) a dit : ‘’Le mariage de la veuve ne peut se conclure avant son consentement et la jeune fille ne peut être mariée sans avoir exprimé son avis’’

Tout contrat de mariage conclu sans l’avis et l'accord explicites de la veuve ou sans celui de la jeune fille est suspendu sauf si les intéressées le valident par leur consentement car le mariage doit privilégier l’intérêt de la fille non celui des parents ou du tuteur légal.

Dans un incident célèbre, le prophète Mohamma (bDsl)est également connu pour avoir annulé le mariage d'une fille qui est venue de se plaindre de son père qui l’avait marié contre son gré et bien que la fille ait indiqué clairement qu'elle était heureuse dans son mariage, le prophète (bDsl) lui a fait connaître qu’il était de son droit de l’annuler. Le contexte de ce hadith illustre l’importance du consentement mutuel dans le mariage et met en évidence l’interdiction des mariages forcés en Islam.

Le mariage en islam est établi  sur le consentement sans équivoque , le respect mutuel et l’amour sincère aboutissant à la bonté, l’affection et la compassion réciproque pour unir solidement l’homme à la femme.

Le Coran l’indique clairement:

« Parmi Ses signes, IL a crée de vous , pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et IL a mis entre vous de l’affection et de la bonté… » (sourate30 verset21)

Il est également essentiel de comprendre la différence entre mariage arrangé et mariage forcé. Tant qu’il n’existe aucune force appliquée à l'une ou l'autre partie pour accepter une proposition qui provient d’un tiers, c'est un mariage légalement valide : la rencontre entre deux personnes est arrangée, mais ces personnes apprennent alors à se connaitre, se plaisent et décident de se marier. Ce mode de rencontre n'est pas plus criticable qu'un autre du moment qu'il n'est l'objet de nulle contrainte, et au contraire il permet un abord sérieux et permet de favoriser la rencontre de personnes qui se correspondent plus ou moins au niveau spirituel et intellectuel.

Il est important que les parents s’impliquent dans la vie de leur enfant en lui fournissant l'appui et les conseils nécessaires pour bien choisir son conjoint le moment venu, mais en n'exerçant pas de contrainte ni de pression sur les choix du concerné ou de la concernée. Enfin, les parents, même s'ils veulent ce qu'il y a de mieux pour leur enfant, ne doivent pas confondre leurs désirs avec ceux de leur enfant, à qui le choix du mariage revient.

(bdsl) = bénédiction de Dieu sur lui