Posté le 07 avril 2007 & (lectures 5,603)
LFFM: Droits de la femme musulmane et Modernité
Longtemps oubliée, la femme est aujourd'hui au coeur des débats, et constitue une partie reconnue, active et essentielle de la société. Il est naturel d'aborder le sujet de la modernisation et de l'islam en traitant de la femme musulmane,  les relations entre l'islam et les droits de la femme, sa promotion sociale , et l'exercice de ses droits politiques et économiques en tant que facteur positif  qui confirme la notion d'évolution sociale et civilisationnelle.



Rappelons que la Révélation du Coran et l'avènement de l'Islam ont permis l'institution de nombreux droits aux femmes. La philosophie des droits de la femme se base sur deux références  :

Première référence
 :


La théorie égalitaire entre l'homme et la femme nait du principe que l'humanité doit son existence à l'homme et à la femme au même degré, aucun des deux n'ayant plus de mérite que l'autre. Si l'un des humains peut devenir meilleur que l'autre,  c'est en pratiquant les bonnes actions et les œuvres charitables. Les versets coraniques explicitant cette notion sont nombreux, inculquant l'unicité du genre humain et le fait que l'homme et la femme proviennent en fait d'une seule entité, et que l'un n'est pas supérieur à l'autre.


Si aujourd’hui certains droits de la femme sont bafoués, la faute n'incombe pas à l'islam mais à des dérives sociales, entre tradition rétrogrades et non prise de conscience.


Deuxième référence :    


Le droit de la femme au travail et aux fonctions, et qu'elle soit l'égale associée de l'homme  à condition que cela ne soit pas en contradiction avec sa tâche essentielle d'éducatrice (mère)

-        le droit de la femme en ce sens comme il est cité dans les hadiths  du prophète; que la femme a le droit d'être prise en charge autant que l'homme ( que l'on s'occupe d'elle au même degré que l'homme et avec les mêmes égards)

-        un autre droit est celui de choisir son partenaire et qu'elle soit maîtresse de sa décision quant à la conclusion de l'acte de mariage puisqu'elle est majeure.

-        son droit à l'instruction et à la participation politique (l’enseignement, et le travail étant le devoir de tout musulman)

-        Son droit au respect …



Certaines institutions font fi de ces enseignements et isolent la femme dans la vie sociale, politique et économique. Certaines traditions continuent d'ailleurs d'être perpétrées dans de nombreux pays alors que les enseignements de l’islam prônent la libération de la femme,  son respect et le respect de ses droits légitimes.

Cette incompréhension par une mauvaise lecture du Coran et application de ses enseignements et la non perception du sens profond et  réel de la philosophie et de la pensée islamiques  ont aidé à la marginalisation du rôle de la femme alors même que le processus de modernisation de la société est en marche dans une grande partie des pays du monde.

C’est cette même incompréhension qui a provoqué l'application de principes injustes envers la femme, concernant sa participation sociale, politique et économique dans la société.

La question de la femme et sa relation avec la modernité  est une question de société.

Que dire des droits de la femme musulmane dans une société dite moderne ?

Aujourd’hui en Europe on accuse plus ou moins explicitement l’islam de menacer les droits de la femme à l’éducation et d’être un frein à son émancipation. Ce n’est pas l’islam qui menace le droit d’une femme à l’éducation mais plutôt des politiques qui tendent à ne pas lui en faciliter l'accès. L'Islam prône la connaissance et la réalisation des femmes dans tous les domaines, au même titre que les hommes.

Un point chaud de l'actualité tourne les regards vers un seul et même point quand il s'agit d'évoquer la femme musulmane : le port du foulard. Or, une bannière de laicité qui n'en a ni le goût, ni la substance, ne saurait prétendre avoir le droit de lui oter une liberté d'identité et de choix vestimentaire. Et surtout, les clichés de la société augmentés par cette conjoncture masquent la qualité des droits de la femme en Islam.

Il semble alors qu'il y ait une méprise totale : au lieu de donner des droits à cette femme musulmane qui semble en manquer au regard d'une société mal informée sur la différence entre tradition et religion, des politiques tendent de lui en supprimer.

La femme musulmane en France est en réalité plus stigmatisée que défendue et son droit est perçu à travers les désirs de l'autre et non son bien personnel. Nous interdire des libertés personnelles et rudimentaires comme le fait de couvrir ses cheveux, est-ce donc nous considérer inaptes de choisir ce qui est bien pour nous ?

Les lois visant la femme musulmane, effectives ou tendant à l'être, sont du registre de l'interdiction et non du droit. Elles sont la réalisation de clichés en France, et non des valeurs républicaines en tant que telles.  Au lieu de les dépasser, ils sont légitimés et progressivement légiférés.