Posté le 29 mars 2007 & (lectures 4,340)
LFFM: Parents et adolescence difficile : comment réagir ?
Parents et adolescence difficile : comment réagir ?

L’adolescence est une période de bouleversements psychiques, sociaux et physiques, qui peuvent déstabiliser plus ou moins intensément l’adolescent. Ce dernier a besoin de ses parents malgré ses revendications d’indépendance à l'extrême, pour que ce passage clé de la vie se passe au mieux. De leur côté, les parents doivent comprendre que les méthodes autoritaires (punitions, sanctions) sont inefficaces et qu’elles font de l’objet de la sanction une contrainte.



Les parents doivent se montrer attentifs et sensibles à d’éventuels symptômes d’allure dépressive chez l’adolescent. En effet, l’adolescence, avec le lot de transformations qu’elle amène, est susceptible de plonger l’adolescent dans un état dépressif. C’est pourquoi il faut être attentif aux symptômes de déprime de ce dernier. Si deux ou trois symptômes se manifestent en même temps, les parents ne doivent pas hésiter à consulter un spécialiste. S’il s’agit d’une déprime passagère liée à l’échec scolaire, il est possible d’indiquer à l’adolescent des moyens de se sortir de son échec, l’idée étant d’encourager l’enfant à rencontrer des intervenants de l’école pour en discuter, comme un psychologue scolaire. Ce dernier peut intervenir avec l’accord des parents, lorsqu’un enfant ou un adolescent a du mal à être attentif, s’il est anxieux ou agité, s’il rencontre des difficultés scolaires.

Un autre point consiste à éviter de prendre à la légère les demandes
d’aide de l’adolescent, car même s’il revendique haut et fort un désir d’indépendance et veut être traité en adulte, il compte néanmoins sur le soutien de ses parents. De plus, les sautes d’humeur d’un adolescent constituent parfois un message et traduisent un malaise qu’il ne parvient pas à mettre en mots. Lorsqu’il accepte de parler de ses problèmes, les parents doivent veiller à se montrer compréhensifs, et éviter de répondre que ce n’est pas important ou que cela va passer. L’adolescent attend du soutien et une certaine implication de la part de ses parents.

Quelle attitude adopter face à un adolescent que tout ennuie ou qui ne manifeste aucun intérêt ?

L’adolescent faisait plusieurs activités, avait des centres d’intérêt, voyait des amis, avait des résultats corrects. Cependant, depuis quelque temps, il semble gagné par l’ennui, la démotivation et l’isolement. Il critique tout, rien ne va et rien ne lui convient. Il paraît abattu, s’exprime par monosyllabes et est replié sur lui. Devant ce comportement, les parents sont en droit de s’inquiéter et d’en parler avec lui en lui proposant une discussion mais sans forcer l’adolescent. Il ne s’agit pas de mener un interrogatoire sous peine d’être perçu comme intrusif, mais plutôt d’initier ou de proposer une conversation à l’adolescent, pour lui signifier que ses parents sont présents, disponibles et à son écoute. De même, il n’est pas pertinent d’émettre des jugements, de critiquer, ou d’être prolixe en conseils, sous peine d’obtenir une réaction défensive de l’adolescent.

Quand la discussion est possible
, les parents peuvent essayer de rechercher et comprendre l’origine de cette attitude à travers les propos de l’adolescent. Cela peut être une série de notes insuffisantes, une insatisfaction liée au contenu des enseignements, une dispute avec des amis, une déception sentimentale. Cet événement ou le cumul d’évènements que l’adolescent a perçu comme négatifs l’ont fragilisé et lui ont donné l’impression que tout allait de travers. Du coup, l’adolescent rumine dans son coin et affiche une attitude boudeuse et un repli liés à son insatisfaction. Cet état peut également être consécutif d’une fatigue passagère.Les parents peuvent essayer de remobiliser leur adolescent en recherchant ce qui lui ferait particulièrement plaisir et induirait une rupture dans son état de morosité. Cela peut se traduire par des courses pour trouver quelque chose qui lui plairait bien musicale, autoriser l’organisation d’une fête avec quelques amis. Cela peut être également un accompagnement vers l’établissement d’un projet professionnel.

Cependant, si les parents constatent que rien ne mobilise plus l’adolescent, qu’il semble fatigué, qu’il a des difficultés à se lever le matin, qu’il se coupe de ses amis, il est légitime de suspecter une éventuelle dépression et de consulter un médecin pour avoir un diagnostic plus fin et des propositions thérapeutiques.

Comment réagir si l’adolescent ne parle plus ?

Il peut arriver presque du jour au lendemain que l’adolescent bavard devienne quasiment muet, c’est-à-dire qu’obtenir une quelconque information ayant trait à l’adolescent relève du défi pour ses parents. Il ne raconte plus rien, il ne répond plus que brièvement à quelques questions, se contente de hocher la tête ou emploie à foison onomatopées et grognements. Les parents ne doivent pas forcément s’alarmer dans la mesure où c’est un phénomène ponctuel et relativement normal lié au processus de l’adolescence. Cela témoigne pour l’adolescent d’une sorte de sidération liée à la transformation pubertaire et au passage de l’enfance à l’adolescence, et d’une impossibilité de mettre en mots ce qu’il ressent pendant cette période. Il est absorbé par ce qu’il vit et ressent, et il ne peut pas montrer un quelconque intérêt pour tout autre sujet. Et il ne se sent pas suffisamment prêt ou motivé pour en parler avec ses parents. Le silence est son refuge, et il est légitime pendant cette période de transformations plus ou moins coûteuses.Les parents ne doivent donc pas chercher à forcer l’adolescent à sortir de son silence, sous peine que l’anxiété que ce dernier ressent ne se change en agressivité. Quand il voudra parler, il se manifestera. Le silence lui permet de répondre aux questions qu’il se pose et de diminuer son angoisse en observant les autres, en regardant des documentaires, en lisant. Les parents doivent veiller à respecter ce silence mais peuvent signifier à l’adolescent qu’ils sont présents et à l’écoute.

Article extrait de l’ouvrage :
Comment motiver votre enfant, Caroline SAHUC, collection Eclairages aux éditions Studyrama


 

Re: Comment sensibiliser l’adolescent à l’importance du cursus scolaire ? (Score: 0)
par Invité le 03 avril 2007 à 13:59:53 CEST
L'article en soit n'est pas à remettre en question mais il y a un décalage entre le titre de l'article et son objectif sous-jacent qui serait de découvrir des moyens et des outils pour sensibiliser l'adolescent à l'importance du cursus scolaire. Mais le contenu du texte décrit beaucoup plus l'état de souffrance et les facteurs déclenchants cette même souffrance, chez l'adolscent sans faire de lien avec le thème annoncé à savoir : aux vus de tous ces constats de difficultés, voire de constat de pathologie dépressive, et bien comment en effet sensibliser l'adolescent à l'importance du cursus scolaire ? Je dirais même avant qu'il n'ait tous ces symptômes qui forcément vont l'amener à se détourner de tout, comment faire amener l'enfant puis l'adolescent à continuer d'aimer apprendre  au fil des âges ? Comment lui donner une représentation  positive de l'enseignement qui lui est donné, de l'accession au savoir... ?



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Réponse Webmaster (Score: 0)
par Invité le 04 avril 2007 à 19:16:13 CEST
Salam Aleykoum wa Rahmatolahi wa Barakatou,

Votre remarque relative au titre de l'article est tout à fait juste, et nous l'avons prise en compte. Barak Allah fiki.

En ce qui concerne l'attitude pédagogique à adopter face à son enfant (ou un enfant que l'on aide scolairement ou éducativement), elle est abordée à travers d'autres articles dans la rubrique Education de notre site, tels que "l'accompagnement scolaire des adolescents" ou "Votre enfant a des difficultés à l'école".

Comme vous le suggérez justement, l'accompagnement des parents dans la vie scolaire de l'enfant est primordiale et conditionne souvent sa réussite ou la poursuite d'études supérieures. Laisser l'enfant livré à lui-même s'il n'a pas acquis de méthode de travail est donc dangereux et peut compromettre sa réussite scolaire, même si cet enfant n'a pas ailleurs aucune lacune intellectuelle.

Il faut donc apprendre à l'enfant une méthode de travail, une certaine rigueur qui puisse lui permettre d'être autonome. C'est là que le rôle de l'éducateur se joue en grand partie.  Cette autonomie associée à une bonne méthode de travail devrait lui permettre d'étudier de manière optimale.
Et c'est bien connu, en matière d'apprentissage scolaire, c'est souvent quand on a de bonnes notes que l'on apprend à apprécier les enseignements ! Conclusion : l'enfant doit commencer par travailler. Ne l'oubliez jamais, et n'invoquez pas les goûts de l'enfant, qui ne doivent pas interférer dans le travail scolaire obligatoire. Ne sous-estimez pas les matières, ne dévaluez pas les professeurs. Même si vous ne devez pas culpabiliser l'enfant, il ne faut pas trouver de pretextes à sa démotivation mais plutôt des solutions, et bien sur des explications pour y rémedier.

Les goûts de l'enfant sont importants à prendre en compte, mais l'apprentissage scolaire minimal est obligatoire, quel que soit l'avenir professionnel de l'enfant. Il faut sensibiliser l'enfant à l'importance de bien étudier, pour faire "plus tard le métier de ses rêves", dans le but de le motiver.

Au niveau religieux, vous pouvez le sensibiliser à l'importance d'apprendre, en lui expliquant que Allah nous enjoint à apprendre. Apprenez-lui à trouver belle la nature, à trouver surprenants certains phénomènes scientifiques, climatiques etc pour attiser sa curiosité sur la terre et ses humains, créés par Allah le Tout Puissant. La vie fourmille de détails magnifiques, même très simplement vous pouvez parvenir à interesser l'enfant (en fonction de son âge bien sur) : les odeurs, les saveurs, les couleurs etc. L'amour des choses, y compris l'apprentissage, est inclus dans l'amour de Dieu qui englobe tout (la création, la science, les émotions etc).

Enfin, n'oubliez jamais le cercle vertueux : plus l'enfant fait des efforts, plus son travail paiera, et ainsi plus il en sera motivé (et appréciera d'étudier) et plus il réussira !

Bien fraternellement,

la Webmaster


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