Posté le 22 décembre 2006 (lectures 2,346)
LFFM: « L’accompagnement scolaire des adolescents »
11e édition de la Journée du Savoir

Organisée par la Ligue Française de la Femme Musulmane
03 Décembre 2006 - Rosny sous bois

Intervention du Professeur Mr Idriss NYADI
« L’accompagnement scolaire des adolescents »



  La réussite scolaire est conditionnée par deux facteurs :
  1. le milieu familial

  2. le réseau relationnel que se tisse l’enfant dehors.



Professeur Nyadi appelle les parents à ne pas accabler leur enfant mais à une véritable prise de conscience de leur part. Pour ce faire le professeur a choisi d’axer son intervention sur la définition de l’accompagnement scolaire.





L’accompagnement de l’enfant



L’accompagnement demande une attitude particulière, un soutien, une présence des parents vis-à-vis de leur enfant.



  1. S’intéresser au travail de leur enfant :

    1. Lui poser des questions sur sa journée. Être attentif ne signifie pas non plus mener une enquête. Il faut conserver un juste milieu, ne pas demander trop de détails, mais laisser l’enfant se livrer progressivement, tout comme respecter le fait qu’il n’en ait pas envie. Si nos journées sont routinières, pour l’enfant, il peut en être de même !
    2. Obtenir des explications sur ce qu’il a fait, afin de permettre à l’enfant de partager ce qu’il a vécu, appris…



  1. Il est important que les parents sachent faire une distinction entre l’enfant et ses notes.

Celles-ci ne constituent nullement une évaluation de leur enfant, et ce serait réducteur d’agir ainsi. L’enfant a besoin d’affection, il a besoin de se sentir agréé/accepté par ses parents. Aussi faut-il que les parents partent à la découverte de l’enfant afin de découvrir ses goûts, en dehors du champ scolaire. Mais pour cela, les parents ont l’obligation de consacrer à l’enfant un temps de « qualité ».



  1. Être sensible aux progrès, aux efforts fournis par l’enfant.

Regarder plus loin que la note. Par exemple, un enfant qui passe de 7/20à 9/20, certes peut paraître insuffisant, mais l’effort est là et doit être récompensé, reconnu et encouragé. Sans quoi l’enfant désespère et peut baisser les bras, il est donc important que les parents portent un regard positif sur l’enfant. La dévalorisation est une horreur et est déconstructeur, elle enferme l’enfant dans la difficulté et l’échec. Il est donc très important encore une fois de dissocier le résultat de l’enfant et sa personnalité, par des paroles réconfortantes.



  1. S’interroger aux raisons qui poussent l’enfant à travailler, à faire tous ces efforts.

Dans cette société où le chômage est présent, l’enfant a besoin de trouver un sens, un stimulent pour travailler. Si l’enfant ne voit pas, il faut l’aider, cela conditionnera ensuite sa motivation. Certains s’interrogent pourquoi exceller avec un 18 alors que le 10 suffit pour passer. Il faut faire attention à cette attitude qui traîne l’enfant vers le bas, la concurrence est rude, l’enfant doit comprendre que pour réussir, il doit être sur motivé, il doit lutter contre l’immobilisme, ceci favorisera ainsi son autonomie.



  1. Responsabiliser l’enfant sans le culpabiliser.

C'est-à-dire qu’il faut faire un lien entre le travail que l’enfant a fourni avec les résultats obtenus. La réponse « c’est à cause du professeur qui explique mal… » est une preuve de déresponsabilisation de l’enfant, il se soustrait à ses propres responsabilités. Dans ce cas, les parents doivent comprendre que cette « victimisation » n’explique rien sur les sources véritables du problème. Ils doivent chercher à comprendre où est le véritable problème, et une rencontre avec le professeur le cas échéant est souhaitable.



  1. L’accompagnement en dehors de l’école : les fréquentations.

Cela est très déterminant pour la réussite de l’enfant, il faut en prendre conscience. L’enfant qui a des amis l’entraînant du mauvais côté, sera déconcentré peu à peu, avec de plus en plus de soucis. Aussi faut-il être attentif à l’enfant. Aussi comme le comparait le Prophète (sws) les fréquentations bonnes sont comme les bons parfums, elles imprègnent de bien ceux qui les fréquentent.



Que faire en cas de difficultés ?



Effectivement, après nous avoir décrit l’accompagnement parental de l’enfant, l’intervention du Professeur Nyadi ne serait pas complète sans quelques conseils pratiques en cas de difficultés rencontrées.



  1. Réagir vite.

Il ne faut pas laisser s’accumuler les lacunes, sans quoi les efforts devront être plus durs. Vite, il va voir les résultats.



  1. Dédramatiser.

Une difficulté scolaire doit rester une difficulté scolaire, point, une note est une note, elle ne constitue nullement l’avenir de l’enfant. Aussi pas de catastrophisme, les parents doivent faire la distinction entre ce qu’il fait et ce qu’il est.



  1. Comprendre le problème.

Il faut résoudre le problème avec l’enfant, d’abord. Par exemple, un enfant qui explique une mauvaise note par un manque de révision peut en fait cacher un problème de compréhension de la leçon qu’il dissimule par fierté, dans ce cas, le problème persiste, il n’est pas résolu. Il y a des choses, donc inconsciente, que l’enfant n’arrive pas à exprimer, les parents doivent rester vigilants.



  1. Se mettre au travail.

Ne pas hésiter à faire appel à quelqu’un, s’entretenir avec les professeurs, une association, la mosquée.



Pour résumer :

L’accompagnement se fait tant à la maison qu’à l’extérieur.

Dans les années 80, il y avait des étudiants étrangers mais pas encore d’étudiants issues de l’immigration. Aujourd’hui, ils y sont, le travail paie, l’échec recule même. Mais attention, il reste encore beaucoup de choses à faire.