Posté le 10 avril 2016 & (lectures 604)
LFFM: Femme musulmane, préjugés et réalité

Tant de fois j'ai lu des inepties à mon sujet. En choisissant ce vêtement, j'ai été mise au banc. Au banc de ce que je suis vraiment. 


Je ne suis spécialiste, ni en esclavagisme, ni en asservissement. Non, moi, je suis une femme libre. 


Commençons par définir ce qu’est une femme asservie. C’est une femme assujettie, soumise, tyrannisée, contrainte  de faire une chose ou une autre, de suivre et reproduire un modèle ou un autre.


J'invite ceux et celles qui parlent de moi, sans me connaître, à venir me voir et me suivre. Ils découvriront que  je suis cette femme libre et épanouie. 



Je suis une femme active, qui travaille, qui sort, voyage, qui a des amis. Jamais personne n'est arrivé à  me faire faire ce que je ne conçois pas ou ce qui n'est pas en accord avec mes propres valeurs.

J'existe et je vis comme je l’entends malgré les préjugés et les amalgames au sujet de mes convictions. 

Je suis une femme croyante, et je crois que la liberté de conscience est garantie par les lois de mon pays. 

J'ai adhéré à cette foi car justement, j'ai trouvé qu'elle estime la femme plus que toutes les autres idéologies et doctrines que j'ai étudiées.

En effet, les femmes et les hommes sont considérés comme des frères égaux dans leur humanité.

Dans ma foi, la femme tout autant que l'homme est un être responsable et digne. Cette dernière n’est d’ailleurs pas responsable de la faute originelle. 


Savez-vous que mon seigneur met en garde celui qui n'est pas juste dans le traitement de ses enfants ?

Plus que cela, mon seigneur promet le paradis à toute personne qui prend soin de sa fille et l'élève dans l'amour et la tendresse.


Devenue femme, ma foi me donne le droit de disposer de mes biens et de ma richesse,  je les gère comme bon me semble, ni père, ni frère, ni mari, ni proche, n'a le droit d’y toucher ou de me dicter comment  ou  quand les dépenser.


Savez-vous qu’un mariage fait sans mon consentement est, de par ma foi, nul ?

Savez-vous que dans ma fonction de mère,  ma satisfaction  est indispensable pour l'accès de mes enfants au paradis ?


L’islam m’a donc mise  au même niveau que l’homme, nous sommes tous les deux des humains, responsables face à nos actes, et dignes.


Je suis donc tenue à participer à l'essor de ma société. Je contribue dans tous les domaines même si l’on vous fait croire que je suis absente, confinée dans mon "petit chez moi". 


Non, moi, femme musulmane, je suis libre et épanouie. J'ai la force d'assumer mes convictions malgré l'ambiance nauséabonde qui plane dans mon propre pays sur ma religion. Je fais de mon mieux pour que notre pays se développe, s’améliore, avance vers le meilleur, car moi qui suit croyante, réponds à l’appel de mon seigneur qui me dit : la meilleure personne est celle qui est la plus utile aux autres.


Ligue Française des Femmes Musulmanes

Paris, le 8 Avril 2016