Posté le 14 mars 2012 (lectures 2,659)
LFFM: Compte-rendu du Colloque National Annuel du 03/03/2012

Par Rabab Mosbah : Compte-rendu du Colloque National Annuel du 3 Mars 2012

Le 03/03/2012 a eu lieu l'un des rendez-vous incontournables et annuels de la LFFM : le Colloque organisé à l'occasion de la « Journée Internationale de la Femme ».

Cette année, le thème était « Quelle(s) place(s) pour les citoyennes musulmanes dans la société française d'aujourd'hui ? »



La  journée commence dès 10h30 par un mot introductif de la Présidente de la LFFM, Mme Hela KHOMSI, présentant la thématique du colloque. Celle-ci rappelle que l'objectif de la rencontre est de marquer la « Journée Internationale de la Femme » en abordant la question de la condition féminine dans notre pays. Elle dresse un état des lieux de la situation de la femme, en précisant que, malgré une certaine amélioration de la situation  ces dernières années, il persiste néanmoins des inégalités et des discriminations, notamment dans le monde du travail ou de la politique.

La femme en général rencontre encore de nombreux obstacles pour accéder aux postes à responsabilités, ou encore pour atteindre l’égalité salariale. De plus, elle est  victime de  différentes formes de violence (harcèlement moral et/ou sexuel, maltraitance, violence domestique,…).

La femme musulmane est exposée à la même précarité, à la même vulnérabilité. Elle connaît les mêmes souffrances et doit de surcroît faire face à des obstacles supplémentaires.

Mal perçue, mal comprise, mal aimée, la femme musulmane souffre d’un déficit d’image.

A cela s’ajoute le poids accablant des traditions et des coutumes : la femme musulmane doit relever des défis intracommunautaires.

Elle est en outre confrontée à des difficultés d’un autre genre, étant la cible de discours politiques hostiles et  de manœuvres politiciennes sournoises.

A la veille de la Journée Internationale de la Femme, il convient donc de s'interroger sur la place de la femme musulmane dans la société d'aujourd'hui et de réfléchir à la façon de faire progresser la condition féminine en général, et notamment celle de la femme musulmane.

*****

Le premier conférencier est le Docteur Ahmed Jaballah, Professeur en Théologie musulmane, Directeur de l’Institut Européen des Sciences Humaines, Président de l’Union des Organisations Islamiques de France, membre du Conseil Européen de la Fatwa et de la recherche (CEFR), vice-président de la Fédération des Organisations Islamiques en Europe (FOIE). Son objectif est de répondre à la question à la question : « L'islam peut-il épouser le cadre de la République? »

Il introduit le sujet par un questionnement sur la pratique de la religion dans un contexte laïque,  en insistant sur la nécessité d'un équilibre entre l'expression religieuse et l'indépendance de la société à l’égard de la religion. Ahmed Jaballah nous fait un rappel sur la pratique, ses dimensions et ses différents niveaux, et nous explique que la religion peut s'exprimer sur différents problèmes de société, sans agir sur le politique, et donc, sans porter atteinte à la laïcité.

Il en vient à parler  des difficultés relatives à la pratique religieuse dans la société française : la laïcité garantit l'existence de toutes les religions et reconnaît leur droit d'expression dans l'espace public, tant que celui-ci ne trouble pas l'ordre public.

Il souligne cependant que cette égalité juridique ne se traduit pas dans la réalité concernant l'Islam et tente d'expliquer cela par plusieurs facteurs (manque d'infrastructures permettant une pratique sereine, image négative d’un « islam envahissant »  véhiculée par les médias et les politiques,…).

Enfin, il insiste sur le fait que la séparation entre la religion et l'état doit se faire dans les deux sens. Or l'exemple du CFCM prouve le contraire, celui-ci ayant fait l'objet d'interventions politiques internes et externes. L'état n'a pas à intervenir en matière de religion (et d'ailleurs, il ne le fait pas avec les autres religions, et ce malgré leur division).

On observe une lecture restrictive de la laïcité, alors que l'islam a une grande capacité d'adaptation. En effet, l'universalisme de l'islam et sa souplesse conjuguent fidélité aux sources et exigence de l'Ijtihad (effort de réflexion fait par des juristes musulmans pour interpréter les textes fondateurs de l'islam et en déduire le droit musulman).

Ahmed Jaballah rappelle quelques principes du droit musulman :

1-     l'intérêt, dans le sens le plus vaste, qu'il soit individuel ou collectif ;

2-     la réalité sociale qui nécessite de prendre en compte les coutumes ;

3-     la souplesse du droit ;

4-     la diversité : l'interprétation des textes nécessite une grande souplesse et une certaine ouverture. La capacité d'interprétation doit être laissée au juriste.

Il précise que la laïcité doit se libérer du duel avec le religieux et ne doit pas être contre les religions. Elle doit accepter les visibilités religieuses car il s'agit là d'un droit de l'Homme. Il en va de la crédibilité de la laïcité de défendre ceux qui sont lésés et de défendre les principes républicains de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. 

Monsieur Jaballah conclut en disant qu'il faut tout d'abord « dépassionner » le débat autour de la présence des citoyens musulmans, et prendre en compte leur intégration. Les politiques doivent lutter contre le rejet et la stigmatisation des citoyens.

 

Il s'en suit une table ronde avec Hakim Chergui et Dominique Thewissen.



Le juriste Hakim Chergui, juriste et militant, met le doigt sur « Le paradoxe du droit : entre stigmatisation et libération des femmes musulmanes ».

Il rappelle que la lutte pour le droit des femmes n'est pas récente, mais qu’elle est un mouvement ancien qui s'est toujours opéré en vue de l'acquisition de nouveaux droits. Il précise que vivre dans un état de droit ne garantit en rien l'accès à ces droits, et qu’un combat quotidien individuel et collectif est nécessaire. Il prend l'exemple de la loi du 15 Mars 2004 contre le port du voile dans les établissements publics : après la promulgation de cette loi, peu de réactions sont observées alors qu'elle concerne une majorité de musulmans. Il insiste également sur le fait que la défense des libertés ne doit pas être sélective.

Le juriste rappelle quelques exigences nécessaires pour la défense de ces droits, notamment la connaissance du droit et le respect de la loi. Si finalement on considère certaines lois injustes, on est en droit de remettre en cause le côté illégitime et injuste du cadre légal.

Dominique Thewissen, psychothérapeute formée à l’approche systémique et à la thérapie familiale, aborde quant à elle, « Les conséquences psychologiques du paradoxe juridique ». Les lois successives contre le port du voile, puis contre le port de la burka, ont été faites dans le but d'interdire certaines pratiques contradictoires avec les valeurs de la société française et de libérer les femmes de ces pratiques.

Mais les personnes concernées par ces lois ne sont nullement consultées, si bien que les femmes musulmanes doivent faire un choix entre leur foi et leur place dans la société : soit elles se voilent et la société les rejette, soit elles décident de s'intégrer et mettent de côté leurs convictions religieuses.

Madame Thewissen souligne les différentes conséquences psychologiques des lois sur les femmes elles-mêmes (sentiment d'injustice, d’exclusion, d’atteinte à leur intégrité physique) et sur les enfants de ces femmes qui peuvent développer un sentiment de honte vis-à-vis de leur famille, voire d’eux-mêmes. Ces messages paradoxaux peuvent donc entraîner des troubles mentaux.

Dominique Thewissen conclut que les lois ne sont pas une réponse à certains problèmes dans la société mais que la solution passe par l'éducation. Le « vivre-ensemble » est un exercice difficile.

 


En début d'après-midi, le Docteur Michael Privot prend la parole pour traiter du sujet «Islamophobie et traitement politique et médiatique de la question musulmane». Monsieur Privot est Docteur en langues et littérature de l'Université de Liège, directeur de l'European Network Against Racism (ENAR). Il commence par nous donner quelques chiffres concernant les actes islamophobes relatés par l'agence des droits fondamentaux en 2010 : en 2010, un musulman sur trois dit avoir subi une discrimination dans les douze mois qui précèdent, et parmi eux, le nombre de discriminations est de 8 en moyenne, les plus atteints étant les 16-24 ans. Un musulman sur dix déclare avoir été victime d'une attaque physique ou verbale à l'encontre de sa personne.

Après ce constat, il tente d'analyser les causes de cette islamophobie. D'après lui, celle-ci a commencé à apparaître dès le début des années 70 et  s'inscrit dans une contre-révolution réactionnaire ultra-libérale qui a lieu depuis le début des années 80. En effet, l'ultra-libéralisme attaque toutes les libertés, quelles qu'elles soient, et produit donc une société avec de nombreuses inégalités. Michael Privot explique que la question des valeurs et de l'identité n'est qu'une façon de détourner le débat en période de crise et de régression des acquis sociaux. Pour illustrer cette théorie, il s'appuie sur le fait que les sociétés les plus parfaites sont celles qui sont les plus égalitaires. L'enjeu est de reconstruire une vision de la société où chacun aurait sa place.


L'orateur suivant, Henri Goldman  est un journaliste, chroniqueur généraliste de l’actualité politique, rédacteur en chef de la revue bimensuelle des débats « Politique ». 


Son intervention traite la question de « La montée du nationalisme et son danger ». Tout d'abord,  il reprend la même idée de Mr Privot, selon laquelle la diabolisation de l'islam en Occident est venue remplacer la diabolisation du communisme. Cependant il  y a une particularité  française  quant au rejet de l'islam. Selon  Henri Goldman,  en France «  les musulmans sont pris en sandwich entre la droite et la gauche », contrairement aux autres pays où les musulmans sont défendus par les partis de gauche. Il insiste sur la particularité française, en donnant l'exemple des  États-Unis qui ont mené des guerres contre des pays musulmans en les diabolisant ; Et pourtant, dans leur politique interne, la religion musulmane a toute sa place dans la société et est défendue par les politiques (dixit Georges Bush : « les états unis poursuivront en justice toute personne qui interdira  à une femme de porter le voile »). Un deuxième exemple, celui de l'Allemagne, où on dispense dans les établissements scolaires des cours de religion (catholique, juive et musulmane), à l'instar de la région Alsace-lorraine, mais où seuls des cours de religion catholique et juive y sont dispensés, laissant encore une fois de côté la religion musulmane.

De ce fait, il y a un raidissement plus important contre l'islam en France ; D'ailleurs la loi du 15 mars 2004 est unique en Europe.

Face à cela, Mr GOLDMAN propose trois attitudes : se résigner, s'exiler ou se révolter.

L'échange avec le public permettra d'aborder une quatrième voie, celle de la résistance. Dans tous les cas si les musulmans souhaitent vaincre, il leur faudra rallier d'autres groupes à leur cause.

 

Le Docteur Omero Marongiu-Perria, Docteur en “sociologie de l’immigration et des religions”, expert en “management de la diversité” dirige depuis Février 2005 le “Centre d’action pour la Diversité”. Il intervient sur les « Clichés et stéréotypes sur la femme musulmane : les comprendre pour mieux agir »

Il nous fait un bref rappel historique sur l'apport de l'immigration dans le développement de la France jusqu'au 19ème siècle. L'islam n'est donc pas étranger à la France, car ces populations issues de l'immigration étaient, pour une grande partie d'entre-eux, de confession musulmane.

Mais la problématique  posée par la société française concernant l'Islam est, quant à elle, récente, car l'Islam est de plus en plus visible, et plus particulièrement la femme musulmane de par sa tenue vestimentaire.

La politique française oscille entre abstentionnisme et interventionnisme. Les partis de droite acceptent les différences, à condition  que les musulmans restent confinés chez eux ; Les partis de gauche considèrent que si l'on est tous égaux, alors pourquoi montrer ses différences. A ce sujet, Mr MarongIU-Perria insiste sur la confusion dans la société entre égalité et ressemblance. Nous vivons dans une société qui veut standardiser les comportements, la manière d'être et de s'habiller. Ceci explique pourquoi la femme musulmane dérange non seulement la société, car elle remet en cause tous ses standards, mais également certains discours religieux qui associent au voile un comportement spécifique.

Partant de ce principe, on aboutit à de nouvelles lois  qui restreignent les libertés individuelles au sein de l'espace soi-disant démocratique.

Or, pour combattre ces clichés, les musulmans ont besoin d'une grande capacité d'organisation et de lobbying, ce que malheureusement ils ne détiennent pas. D'après le Dr MarongIu-Perria,  nous devons développer des dynamiques à échelle locale, afin de lutter  contre les stéréotypes.


 

Ensuite Le Dr Fatiha Ajbli, Docteure en Sociologie spécialisée sur les problématiques d’emploi des nouvelles générations de Françaises musulmanes, aborde, quant à elle, le sujet de « La présence des femmes musulmanes sur le marché du travail ».        

Elle évoque tout d'abord la centralité du travail dans la construction sociale de l'identité personnelle et dans l'accès aux biens de consommation et au système de protection sociale. Trouver sa place dans la société française passe bien souvent par le fait de trouver une place dans sa sphère de production.

Cela l'amène à évoquer, ensuite, le problème de la confiscation de la légitimité de leur présence dans l’espace public. Elle passe en revue les différentes dispositions législatives qui visent à restreindre leurs libertés, ces dernières années, et rattache cette confiscation au problème plus global de leur présence sur le marché du travail. A cette occasion, elle souligne que la mobilité socio-professionnelle des individus est un indicateur pertinent pour apprécier le fonctionnement démocratique d’une société et questionner la réalité empirique de ses principes méritocratiques.

Globalement, le voile fonctionne comme un critère de non-embauche, ce qui expose la femme musulmane à un dilemme de taille : privilégier sa pratique religieuse ou son insertion professionnelle.

Sur la base des résultats d’une enquête menée dans le cadre de son doctorat, Fatiha Ajbli dégage trois profils de femmes musulmanes qui correspondent à des positionnements vis-à-vis du marché : « les inactives », « les exclues » et « les actives ».

Les premières font le choix de se retirer de l’emploi et de rester au foyer. Leur inactivité s’explique souvent par le fait qu’elles disposent de qualifications qui ne répondent pas aux attentes du marché de l’emploi et par le choix d'une carrière familiale précoce. Chez elles, la peur de l’exclusion les conduit souvent à s’auto-exclure. Les secondes tentent quant à elles de forcer le barrage du monde professionnel mais en vain ; elles sont victimes des pratiques de discrimination de la part des recruteurs. Les dernières, enfin, sont professionnellement insérées et développent des stratégies singulières, dont Fatiha Ajbli donne le détail.

 

Après cela, une deuxième table ronde table ronde permet de faire le point sur : « Les femmes  musulmanes : les grandes oubliées des féministes occidentales », elle réunit trois intervenants de choix :


Pierre TEVANIAN

est ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud et Professeur agrégé de philosophie en Seine-Saint-Denis (Drancy). Il est fondateur avec Sylvie Tissot du collectif Les Mots sont importants en 2001. La visée particulière du collectif LMSI est la mise en évidence et la dénonciation de « [l']entretien des préjugés et des politiques racistes ; [la] légitimation de l’oppression dite "sécuritaire" ; [l']euphémisation de nombreuses violences, notamment étatiques ; [l']occultation des questions dites "mineures" comme le sexisme ou l’homophobie ; [le] triomphe du mépris de classe et de la "guerre des civilisations" », cela notamment par une analyse des « mots importants » selon le double éclairage de la philosophie et de la sociologie, ainsi : « amnistie », « antisémitisme », « Arabe », « communautarisme », « droits-de l’hommisme », « féminisme », « femme », « insécurité », « islamophobie », « laïcité », « politiquement correct », « racisme », « terrain », « Vingt-et-un Avril ». Il est aussi connu pour ses nombreuses publications théoriques et militantes autour la promotion d'une laïcité ouverte et la défense des libertés publiques. Au cours de son intervention, il illustre son propos par les résultats d’une enquête, menée en 2004 à l’initiative du Professeur Amadieu, directeur de l’Observatoire des Discriminations ; Une enquête nommée « Testing sur CV », dont l’objectif est d’évaluer le niveau de discrimination, ainsi que les catégories les plus touchées par ce phénomène sur le marché de l’emploi. Il s’avère que, étonnamment,  dans le protocole de l'enquête, aucune femme voilée n'ait été interrogée, ce qui révèle certainement, selon M. Pierre TEVANIAN, une méconnaissance, pour ne pas dire une indifférence, quant aux discriminations subies par les femmes musulmanes.

 

Noura Ben HamMouda, Présidente du « European Forum Of Muslim Women » (EFOMW), prend ensuite la parole pour dire qu'elle  regrette l'absence des féministes autour de la table et insiste sur l'importance d’un débat entre les antagonistes. D'après Noura Hamouda, ce sont les lois liberticides, ainsi que l'absence de dialogue dans notre société, qui ont permis le développement d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes concernant la femme musulmane, qui est ainsi perçue comme opprimée et incapable de s'émanciper.

Les politiques et les médias eux-mêmes présentent l'islam comme une menace pour la liberté des femmes. Hélas, lorsque des femmes musulmanes voilées sont récompensées pour leur lutte contre les dictatures, comme en Tunisie ou au Yémen, il se trouve qu’elles ne sont pas médiatisées. En outre, la  volonté de standardisation des comportements conduit à imposer un modèle unique de liberté de la femme.

Noura BEN Hamouda nous donne quelques pistes  pour lutter contre ces phénomènes : s'engager  et combattre toutes les formes d'injustice, garder l'espoir d'un avenir meilleur (« La France, ou tu l’aimes, ou tu l’améliores ! »), élaborer un espace d'échange et de dialogue car il permet de vivre ensemble, en harmonie, malgré les différences.

           
  

L'intervention de Marjorie Mayo, doctorante en Sociologie, porte sur « Les différences entre le féminisme occidental et le féministe islamique ».

Elle fait tout d'abord un bref rappel historique qui nous permet de comprendre la rencontre entre le féminisme et la laïcité.

En 1905, au moment où a été promulguée  la  loi visant à séparer la religion du politique, il n'y avait pas de discours féministe. Celui-ci est apparu plus tard, après la deuxième guerre mondiale avec, en1944, le droit de vote accordé aux femmes et, en 1975, le début de la mixité dans les écoles.

L'islam sera alors le catalyseur de cette rencontre entre féminisme et laïcité, notamment avec les affaires successives relatives à l'exclusion de jeunes filles voilées.

A partir de 2003, on observe une laïcisation du féminisme, car la laïcité inclut le discours féministe par l'égalité entre les deux sexes.

Marjorie Mayo nous décrit ensuite le discours féministe, laïque, républicain et hégémonique, soutenu par le corps médiatique et politique, discours qui laisse peu de place aux femmes voilées.

Le discours féministe islamique revêt des formes différentes, nous explique-t-elle. Il s'agit d'un mouvement mondialisé qui s'exprime au quotidien, que ce soit dans la famille ou dans la société, en privé ou en public. Il plaide pour le droit des femmes quelles qu’elles soient.

Le pluralisme est donc un élément majeur dans la gestion des libertés individuelles au sein de l'espace public, conclut-elle.

 

*****

 

Au cours de cette journée, qui visait à discuter de la place de la femme musulmane dans la société française d’aujourd’hui, les différents conférenciers ont abordé sous plusieurs angles la situation de la femme musulmane et, a fortiori, de l'islam. Tous ont insisté sur la contradiction des différentes lois liberticides visant les femmes musulmanes  et les musulmans en général, leur imposant une manière d'être libres, rappelant une idéologie coloniale que l'on croyait révolue. Ils ont également précisé que la laïcité, dont se servent les opposants à l'Islam, permet la liberté d'expression religieuse dans l'espace public, tout en respectant l'ordre public.

Les échanges avec la salle ont permis à chacun et chacune de s'exprimer sur les différents thèmes abordés. Ces débats ont permis de mettre en exergue les difficultés rencontrées par les femmes musulmanes, ainsi que les souffrances qu'elles endurent au quotidien.

Les solutions données pour lutter contre le rejet de l'islam en France sont souvent les mêmes : résister, lutter contre toutes les injustices (et pas seulement celles faites à l'encontre des musulmans) être solidaires,  et dialoguer avec les autres, afin de donner une autre image que celle développée par les médias… Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que l'islam n'ait toute sa place dans la société française. Il s'agit là d'un défi que la communauté musulmane doit relever, celui de pouvoir s'intégrer en gardant ses droits et la possibilité d'exprimer clairement sa foi.