Posté le 30 novembre 2011 (lectures 1,006)
LFFM: Le Prix Sakharov 2011 : un prix pour la liberté
Le Prix Sakharov 2011 : un prix pour la liberté

  

Au regard de l’actualité culturelle et politique, la LFFM a le plaisir d’évoquer le prix Sakharov, qui a été attribué cette année 2011 à un groupe de cinq militantes et militants du désormais célèbre « Printemps Arabe ». Parmi eux, il y avait notamment deux femmes. S'agissant là d'un prix hautement sélectif, la L.F.FM. tient à exprimer avec fierté sa joie et sa satisfaction par rapport à cette nomination, car il apparaît ici clairement que la reconnaissance de l’autre, de sa valeur humaine et de son militantisme dans son combat pour la liberté, est enfin possible, et ce malgré sa différence. Cela nous inspire confiance et nous laisse envisager la possibilité d’un avenir meilleur dans le monde.


Le prix Sakharov honore la liberté de penser. Egalement appelé « prix Sakharov pour la liberté de pensée » ou « prix Sakharov pour la liberté de l'esprit », il récompense les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l'Homme et des libertés. Créé en 1988 par le Parlement européen, il fut ainsi nommé en l'honneur du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov.
Le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit est attribué cette année à Asmaa Mahfouz (Égypte), Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi (Libye), Razan Zeitouneh et Ali Farzat (Syrie) et, à titre posthume, à Mohamed Bouazizi (Tunisie). Cette candidature fut présentée par les deux grands groupes : le Parti populaire, les Socialistes et démocrates ainsi que les Libéraux et démocrates et les Verts. Les cinq lauréats sont issus des pays ayant participé au « Printemps arabe ».
Le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit 2011 sera remis aux lauréats lors d'une session solennelle du Parlement européen à Strasbourg, le 14 décembre prochain, par le Président du Parlement européen lui-même, Jerzy Buzek, qui, précisons-le, a souligné que ces personnes avaient « contribué à des changements historiques dans le monde arabe » et que cette récompense réaffirmait « la solidarité et le soutien ferme du Parlement. C'est un symbole pour tous ceux qui travaillent pour la dignité, la démocratie et les droits fondamentaux dans le monde arabe et au-delà ».
La L.F.F.M. tient à rendre un hommage tout particulier aux lauréats de ce prix hautement distinctif, ces cinq figures du Printemps arabe qu'il convient de présenter en quelques mots :


 Asmaa Mahfouz est l'une des fondatrices du « Mouvement des jeunes du 6 Avril ». Par le biais de vidéos sur youtube et de messages sur facebook et twitter, elle avait lancé un appel au rassemblement sur la place Tahrir au Caire, mouvement qui contribua à la chute du raïs égyptien, Hosni Moubarak.
 
  Ahmed al-Sanusi, également connu pour être le plus ancien « prisonnier d'opinion », a passé 31 ans dans les prisons libyennes à la suite d'une tentative de coup d'État contre le Colonel Kadhafi. Membre du Conseil national de transition, il œuvre désormais pour « parvenir à la liberté et retrouver l'humanité » et à mettre en place les valeurs démocratiques de l'après-Kadhafi en Libye.

  Razan Zaitouneh, avocate des droits humains, a créé le blog syrien sur les droits de l'homme « Human Rights information link » (SHRIL) qui rend compte des atrocités actuelles en Syrie. Elle a révélé au grand jour les meurtres et atteintes aux droits de l'homme commis par l'armée et la police syriennes. Ses messages sont devenus une source importante d'information pour les médias internationaux. Elle est à présent recherchée par les autorités qui l'accusent d'être un agent à la solde de l'étranger et ont arrêté son mari et son frère cadet.
  Ali Farzat, satiriste politique en Syrie, est bien connu du régime syrien et de son dirigeant, le Président Bachar al-Assad. Quand les soulèvements de mars 2011 ont commencé, M. Farzat est devenu plus direct dans ses caricatures qui ont contribué à inspirer la révolte en Syrie. En août 2011, il a été gravement battu par les forces de sécurité syrienne qui lui ont cassé les mains en guise d' « avertissement », et confisqué ses dessins.
  Mohamed Bouazizi est un vendeur ambulant tunisien qui s'est immolé par le feu en signe de protestation contre l'humiliation et le harcèlement incessants des autorités tunisiennes. La sympathie du public et la colère inspirée par ce geste ont conduit à évincer le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. Le geste désespéré de Mohamed Bouazizi suscita également des soulèvements et des changements vitaux dans d'autres pays arabes comme l'Égypte et la Libye, collectivement connus sous le nom de « printemps arabe ».


 Ligue Française de la Femme Musulmane
Le 30/11/11