Posté le 29 novembre 2011 (lectures 1,898)
LFFM: La violence conjugale, que faire ?
Par Noura Jaballah : La violence conjugale, que faire ?
A l'occasion de la Journée Internationale Contre  la Violence envers les Femmes, le 25 Novembre
 
En dépit des  mesures juridiques prises par les gouvernements européens, et malgré les campagnes d’information lancées par les pouvoirs  publics et les organisations non gouvernementales sur la violence conjugale, le constat reste accablant. Une femme sur dix est victime de violence,  les brutalités au sein du foyer sont la première cause de mortalité devant les accidents de la route et le cancer chez les européennes âgées de 16 à 44 ans ;  et en 2008, en France, 156 femmes victimes  de violence conjugale décèdent, soit une femme  tous les deux jours et demi, (enquête nationale sur les violences envers les femmes en France).


Que pouvons-nous donc faire face à ce fléau qui touche tous les milieux sociaux et qui cause la souffrance physique et morale  d’un grand nombre de femmes. Au-delà de l’atteinte grave aux droits de ces  femmes, cette violence déchire les familles et  affecte les enfants. En effet, les enfants témoins de violences conjugales sont susceptibles  de développer de nombreux problèmes comportementaux comme l’angoisse, les cauchemars ou,  pire encore, de reproduire l’exemple paternel.

Devant ce fléau, tous les acteurs sociaux sont appelés à œuvrer dans un but commun : l’éradication de ce phénomène. Pour cela, les politiques doivent assurer  une réelle  assistance aux  femmes battues rompant le silence ; en plus du déploiement d’un arsenal juridique fort contre ces agresseurs. L’école doit également y contribuer par un programme pédagogique approprié inculquant aux élèves  les droits de l’Homme tel que le  respect de l’intégrité physique d’autrui.  Les associations de la société civile, spécialisées comme les centres d’accueil des femmes battues ou non, doivent multiplier les  campagnes médiatiques présentant les enjeux de ce fléau. Enfin,  les leaders religieux ont le devoir de préconiser une vie familiale saine dans le cadre de leur religion.

Ces leaders ont donc un devoir de rappel et d’éducation envers leurs adeptes  afin que les valeurs morales telle  que la justice ou  le respect de la dignité et de l’intégrité de  la personne soient respectées. En effet,  la violence envers les femmes est avant tout  une question d’éducation et d’équilibre. L’homme violent manque souvent de repères  et de force  morale  pour maitriser sa colère, et cette brutalité  physique cache souvent  une fragilité psychologique.

Aux yeux de la religion musulmane, le mariage est considéré comme l’entreprise la plus importante de  l’être humain, puisqu’elle se répercute sur la personne concernée, son conjoint  mais aussi sur leur descendance et donc sur la société. Les acteurs d’une telle entreprise devraient être bien formés et encadrés dans leur rôle de conjoints et de parents. C’est pourquoi nous constatons que les  enseignements  islamiques accompagnent les jeunes depuis leur quête de mariage, jusqu’à l’installation de la famille, voire même dans le moment douloureux de la séparation. En amont, et pour prévenir les dérapages et les échecs, il  est demandé aux jeunes de maîtriser leur passion et de laisser une place pour la raison : Bien choisir son conjoint est la première démarche pour garantir une vie conjugale épanouie. Lors de la décision de se lier avec une personne, il est recommandé au futur couple de bien examiner les différentes facettes de la personnalité  leur partenaire : les limites de sa colère,  le degré de sa patience et de son respect aux autres….

L’islam considère la vie conjugale comme  une source d’équilibre affectif,  nécessaire à une bonne santé générale de  l’homme et de la femme : «  Et parmi Ses signes, Il a crée pour vous de vous-mêmes, des conjoint(e)s pour que vous trouviez auprès d’eux (elles) le calme et le gîte (sérénité) et Il a établi entre vous de l’affection  et de la miséricorde ».
Sourate30, Verset 21 

C’est ainsi qu’il fait de cette  relation, une source de paix et de bonheur, à condition qu’elle soit  basée sur un rapport de compassion et de complémentarité et non sur  un rapport de force. L’homme, en islam, est certes  responsable de la famille; néanmoins, cette responsabilité, doit s’exercer dans le cadre de la  consultation, de l’entente et du respect de la  femme.

Beaucoup de paroles prophétiques exhortent les maris à prendre soin de leurs épouses, à être courtois avec elles. Dans un de ses hadiths, il considère que la bonté d’un homme est relative à son comportement au sein de sa famille : «  Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont meilleurs envers leur famille… » Parole rapportée par Ibn Majah ou encore «…Recommandez-vous mutuellement de bien  traiter les femmes…» Rapporté par Abou Hourayra.
On constate, que dans la société d’aujourd’hui, beaucoup d’hommes aimables, souriants et serviables sont  durs au sein de leur foyer, agressifs, voire brutaux. Voila des comportements intolérables à bannir à longueur d’année.



Noura Jaballah
Membre de la LFFM