Posté le 16 novembre 2010 (lectures 2,407)
LFFM: 04/11/2010 : 3ème conférence du CERIF
Le Centre d’Etudes et de Recherche Islamiques sur la question de la Femme (le CERIF fondé par le Forum Européen des Femmes Musulmanes) a tenu sa troisième conférence/débat le jeudi 4 Novembre en partenariat avec l’IESH de Paris. Le sujet de cette conférence a traité

Des questions relatives aux femmes dans la pensée de Cheikh Muhammad Al-Ghazali: Révision ou Retour ?





La séance est ouverte par la lecture de certains versets du Saint Coran suivie par un discours de bienvenue par le Dr Ahmed Jaballah, doyen de l'Institut Européen des Sciences Humaines, qui a rappelé l'importance accordée par l’IESH au domaine de la recherche en général et sa détermination à soutenir et à renforcer son partenariat avec le Forum pour encourager le CERIF

Mme Noura Ben Hamouda Jaballah, Présidente du Forum Européen des Femmes Musulmanes et Directrice du CERIF, a pris ensuite la parole pour présenter le Centre et rappeler la nécessité de s’intéresser à la question de la femme, baromètre pour mesurer le niveau culturel et civilisationnel des sociétés.

Elle a souligné l’importance de mettre en évidence l’apport et le rôle des femmes à la marche de l’humanité et de critiquer par la même occasion certaines  attitudes culturelles ou de réviser certains avis juridiques émis par certains scientifiques imprégnés par les traditions héritées.



Synthèse de la conférence


Présentée par Basma Randani, chercheur et diplomée de l’IESH en théologie musulmane. Elle a soutenu sa recherche, portant le même titre que la conférence, sous la direction du Docteur Abdelmajid Najjar, professeur émérite de l’IESH. 
A l’étude de la pensée de Cheikh Mohammad Al-Ghazali ( penseur égyptien né en 1917 et mort en1996 )  , Mme Basma Ramadani,  a mis le doigt sur ses différentes analyses  et positions concernant les questions relatives aux femmes. Elle a démontré en premier lieu  la taille du revirement intellectuel opéré par le Cheikh concernant les questions de la femme, et a essayé d’élucider les raisons de ce changement. En effet, au début de sa vie de  réformateur, le Cheikh Al-Ghazali passe du simple prédicateur, habité primordialement par une crainte de  la perte de l’identité de la femme musulmane, il s'est transformé en un savant du renouveau appelant à évoluer avec son temps et à rétablir le lien entre la révélation et la réalité.  


La conférencière  a donné de nombreux exemples et a énuméré certaines positions du Cheikh concernant le statut de la femme, son travail, son implication dans la vie politique et juridique...

Ce changement de positions n'était pas une contradiction de la part du Cheikh Al-Ghazali,  mais au contraire la preuve de l’évolution  de sa pensée qui s’est opérée à la suite de ses différents voyages à travers les pays du  Maghreb et du Machrek. Il n’était pas le seul à avoir suivi cette démarche, bien au contraire, c’était  également l’exemple de la majorité des grands savants qui n'hésitaient  pas à changer leurs avis ou leurs  fatwas, quand ils  se trouvent confrontés  à une nouvelle réalité socioculturelle, à l’instar de l’imam Chafii ( ) qui a changé la majorité de ses avis juridiques en quittant l’Irak pour aller vivre en Egypte .






Révisions de ses avis

La révision de ses avis concernant la question de la femme  ne signifie pas une négation des fondements et des principes  de la religion musulmane, mais Mohammad Al-Ghazali est resté  fidèle  à l’esprit et aux finalités de l’islam et il s’est  toujours basé dans ses avis sur le Coran et la Sunna. Il a par contre respecté le patrimoine juridique sans toutefois le sacraliser, et l’a critiqué sur certains aspects comme dans l’application  des  règles juridiques, au niveau de

-          L'utilisation excessive de la règle  de la  «  prévention» ou l’interdiction par précaution,

-          La négligence dans l’application  de la règle «  à l'origine toutes les choses sont permises »,

-          La confusion entre ce qui relève d’une vision d'ensemble et entre vision partielle limitée,

-          La confusion entre les lois de portée publique ou  privée…



La marginalisation de la femme est une des principales causes de la décadence de la civilisation islamique. 


Le Dr Abdelmajid al-Najjar a pris la parole pour commenter ce travail de recherche et il  a insisté sur le fait qu’on devrait traiter la question de la femme en liaison étroite avec l’évolution générale de la société, la situation de sous-développement, et la décadence civilisationnelle  qu’a connue les musulmans.

La démarche de  Cheikh Mouhammad Al-Ghazali s’inscrit dans ce cadre, car la question des femmes a été présente à travers ses livres où il traite du développement général de la nation islamique. Cette démarche est louable dans le sens où elle traite  de cette question et propose des solutions avec plus de profondeur et plus l'efficacité. En effet,  le lien entre la question des femmes et la question de l’état la nation en général, a permis  au Cheikh Al-Ghazali de conclure  que la marginalisation de la femme est une des principales causes de la décadence de la civilisation islamique. 
Ensuite le débat a été ouvert et la parole fut donnée en priorité aux professeurs de l'Institut, qui ont enrichi la recherche avec leurs interventions de qualité, les participants ont pu aussi intervenir pour saluer l’effort et le sérieux de cette recherche et faire part de leurs commentaires et poser leurs questions à la conférencière.


 
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