Posté le 01 novembre 2009 (lectures 2,223)
LFFM: Le procès de l’assassin de Marwa Sherbini a débuté Lundi 26/10/2009
Il ne suffit pas d’être bien né, d’avoir été honnête et intègre dans sa vie, pour la réussir. C’est le cas de la vie de Marwa, décimée de manière absurde et arbitraire le 1er Juillet 2009 dans l’enceinte même du tribunal de Dresde en Allemagne. Nous n’oublierons pas Marwa El Sherbini, cette jeune femme victime tout à la fois de cruauté, de racisme, d’islamophobie, mais aussi du silence médiatique de son assassinat. A peine en a-t-on entendu parler dans les médias occidentaux, comme un secret caché ou juste la marque de leur partialité. Alors que le procès de son assassin a débuté Lundi 26 Octobre 2009, la LFFM tient à rendre hommage à cette femme, dans l’attente du verdict du procès.
Marwa Sherbini



Marwa Ali El-Sherbini,
née le 7 octobre 1977 à Alexandrie, en Egypte et décédée le 1er juillet 2009 à Dresde, en Allemagne, était une pharmacienne et handballeuse égyptienne. Témoin lors d’un procès au tribunal de grande instance de Dresde, elle a été sauvagement poignardée par l’accusé.


Marwa El-Sherbini était la fille du chimiste Ali El-Sherbini. En 1995 elle obtient son diplôme de fin d’études secondaires au English Girls College d’Alexandrie où elle était déléguée de classe. Elle fit ensuite des études de pharmacie, obtenant son diplôme en 2000.
De 1992 à 1999 elle fait partie de l’équipe nationale égyptienne de handball féminin, qui termina troisième des championnats arabes en 1998 et 1999.


Marwa El-Sherbini est arrivée en Allemagne avec son mari en 2005, habitant d’abord à Brême puis à Dresde (2008). Son mari, chercheur en génétique, est doctorant en génétique et biologie cellulaire et moléculaire à l’Institut Max-Planck de Dresde. Ils ont un fils né en 2006.


En août 2008, alors qu’elle se trouvait sur une aire de jeux à Dresde, Marwa El-Sherbini s’est fait traitée par Alex W. d’ « islamiste », de « terroriste » et de « salope », manifestement parce qu’elle portait le hijab. Elle porte plainte et Alex W. est condamné à une amende. Lors du procès celui-ci déclare que les Musulmans ne sont pas à même d’être outragés. Raison pour laquelle le procureur fait appel du jugement, visant une peine plus forte vu le caractère xénophobe clair de l’attaque.
 
C’est au cours de l’audience en appel, le 1er juillet 2009 que, soudainement, Alex W. poignarde Marwa El-Sherbini, la tuant de 18 coups de couteau. Son mari, tentant de s’interposer, est blessé grièvement de trois coups de couteau. Il est également touché à la jambe par une balle tirée par erreur par les forces de l’ordre arrivées sur place et qui le prennent pour l'agresseur. Il n’y avait eu aucun contrôle d’armes à l’entrée de la salle d’audience. Le fils, âgé de trois ans, voit sa mère tuée devant lui. Elle était par ailleurs enceinte de trois mois. Le procureur présente le coupable comme un cas isolé et motivé par une extrême xénophobie.
 
Il a fallu une semaine pour que les médias allemands sortent de leur mutisme. Par contre, cette affaire a fait beaucoup de bruit dans les médias égyptiens.
Le 5 juillet 2009 s'est déroulée à Berlin une manifestation à la mémoire de Marwa à laquelle ont participé 2000 personnes. Le même jour, le corps de Marwa El-Sherbini a été rapatrié en Egypte. Elle a été enterrée comme Martyre le 6 juillet à Alexandrie. La ville d'Alexandrie a décidé de donner son nom à une rue.


 
Alors que le procès de son assassin débute, des questions restent en suspens, entre émotion et incompréhension.
Comment, dans un tribunal censé rendre justice à une plaignante, peut-on assister à son assassinat ?
Comment peut-on tolérer que cet acte insoutenable et islamophobe soit banalisé de la sorte, sans que la police ni la justice n'aient pu l'empecher alors qu'il se déroulait sous leurs yeux et dans leurs enceintes ?  


Revenant sur les lieux du drame pour y être jugé pour meurtre, Alex W. encourt la prison à vie pour avoir assassiné une jeune maman, enceinte de son deuxième enfant, sous les yeux de son enfant de trois ans, et pour avoir attenté à la vie de son époux qui s’était interposé en vain, ce dernier étant, comble de l’horreur, blessé à la jambe par le tir d’un policier qui l’avait confondu avec l’assassin.



Retenons ce nom, Marwa Sherbini. Pour que l’histoire, celle qui justement s’écrit de la main des hommes, par sa répétition, ne commette plus de redondance meurtrière. Et au nom de cet enfant de trois ans qui a assisté à l'assassinat de sa mère, au sein même du Palais de Justice allemand.      


 Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marwa_El-Sherbini
l’article de Abd al Hakim CHERGUI sur http://www.oumma.net/En-hommage-a-Marwa-Sherbini-et-aux