Posté le 30 avril 2009 & (lectures 2,736)
LFFM: Quand l’ambition et les qualités des femmes voilées musulmanes l’emportent
Notre vie est quotidiennement alarmée par des affaires « de voile islamique », dans tous les domaines, professionnels, médicaux, pour des raisons basées essentiellement sur des préjugés.
La laicité est malmenée quand elle est présentée comme principale justification de la loi du 25 Mars visant à interdire le port du voile dans les établissements publics. Cette loi a été la source de débordements dans lesquels les victimes de cette forme de discrimination sont des jeunes filles, des étudiantes, des doctorantes... Une nouvelle forme d'islamophobie s'affiche alors au grand jour en France, avec le "voile" comme principale ligne de mire, piétinant et dépouillant la République de ses valeurs humaines « liberté, égalité, fraternité ».

Alors, une femme voilée à la Maison blanche, c'est dire le contraste avec la femme voilée en France, qui ne subit pas simplement une discrimination au travail, mais un handicap franc à l'accès à l'emploi.



Cependant, ces nouveaux défis, loin d’effrayer, poussent de plus en plus d’ambitieuses femmes voilées, fortes de leurs valeurs et de leurs compétences, à aller au-delà de ces murs d'intolérance battis entre elles et la société.

Des femmes voilées musulmanes réussissent bien au delà des espérances et des préjugés pour apporter au yeux du monde la preuve bien évidente qu’une femme voilée peut être utile à la société.
Elles s’avèrent même être un atout dans une société ou les cultures et les confessions sont plurielles.


Le nouveau président américain Barack Obama l’a bien compris en choisissant une femme voilée musulmane comme conseillère au bureau «  des partenariats religieux » à la maison blanche.

« Une femme en hidjab à la Maison-Blanche ? Impossible ? C’est pourtant une réalité depuis quelques mois. Dalia Mogahed, une jeune américaine d’origine égyptienne, a été nommée conseillère des affaires religieuses dans l’Administration du président Barack Obama. De fait, elle est la première musulmane américaine d’origine arabe à entrer tous les matins à la Maison-Blanche avec son voile islamique pour conseiller le président des Etats-Unis.*


C’est sans doute un grand tabou qui vient d’être cassé. C’est aussi une belle leçon de tolérance et de la reconnaissance du mérite que vient de donner Obama à la France, notamment où le port du voile a été interdit, y compris dans les écoles.

Cette jeune femme a forcé le respect par son talent qu’elle déploie dans les publications du célèbre institut Gallup dont elle est chef de division des études islamiques. Son livre : "Who speaks for Islam" (Qui parle au nom de l’Islam ?) dont de larges extraits ont été publiés par la très sérieuse revue de l’université de Harvard Harvard International Review, semblent avoir convaincu le président américain de ses capacités et de son ouverture d'esprit.

 « Ma tâche consiste à aider le président des Etats-Unis à mieux connaître les musulmans loin du prisme déformant de la violence », commente Dalia Mogahed. Inutile de souligner que sa nomination a vite fait de réveiller ceux qui tentaient de trouver des liens entre Obama et Ben Laden… »


N’allons pas si loin, mais rapprochons-nous de la France, dans la capitale de l’Union Européenne : Bruxelles

Pour la première fois, une femme de confession musulmane a été admise dans un jury d’assises à Bruxelles, en gardant son voile. Cette femme voilée représente une partie de la population, et donc son acceptation parmi les jurées n’est qu’une vision juste et équilibrée de ce que la société est aujourd’hui. **


Citons aussi au Danemark le cas de Asmaa Abdol-Hamid, une jeune Danoise de 25 ans d’origine palestinienne devient la première femme musulmane portant un foulard membre d'un conseil municipal.


« Première suppléante d'une conseillère de la Liste de l'Unité (extrême gauche) en vacances, Asmaa, âgée de 27 ans, a participé mercredi soir à une réunion du bureau municipal d'Odense (île de Fionie), troisième ville du royaume scandinave.

"Je voudrais qu'on me juge sur ce que j'ai dans la tête et non sur la tête, pour la politique que je défends, mes opinions et non sur ce que je porte ou comment je salue", a-t-elle déclaré aux médias présents en grand nombre pour couvrir l'entrée historique d'une musulmane portant un foulard dans l'arène politique danoise. ***


Voilà là de beaux exemples de réussites, où la parité plurielle devient un réel atout, où la femme est acceptée dans ses différences confessionnelles, culturelles et ethniques.

Ces nominations à des postes élevés ne doivent plus être le fruit d’un privilège ou une rareté, mais le résultat d’un travail, de compétences qui  ouvrent les portes  à toutes les femmes sans distinction, dans une société caractérisée par le pluralisme et où les valeurs communes sont : la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’état doit se porter garant de toutes les libertés, combattre les exclusions sociales et les discriminations et promouvoir la justice et la protection sociale de tous ces citoyens.


 
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