Posté le 22 septembre 2008 (lectures 1,763)
LFFM: Actualité : visite du pape en France
L’arrivée du pape Benoît XVI en France le Vendredi 12 Septembre 2008 relance le débat sur la place de la religion dans l’espace public. Au premier jour de sa visite, il a plaidé pour une laïcité ouverte, en mettant en garde contre "le fanatisme fondamentaliste" mais soulignant qu'une culture sans Dieu serait "une capitulation de la raison". Il a également jugé "fondamental" d'insister sur la distinction entre politique et religieux" afin de "garantir aussi bien la liberté religieuse des citoyens que la responsabilité de l'Etat envers eux.


Sur le même plan, le président Sarkozy a déclaré il y a quelques mois que "ce serait une folie de (se) priver (des religions, ndlr), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée". "C'est pourquoi j'en appelle à une laïcité positive", a-t-il insisté. »
Il a souligné que la France était "multiple", et a  a réitéré sa volonté "de tout faire pour que nos compatriotes musulmans puissent vivre leur religion à égalité avec toutes les autres".

Ces déclarations du président de la République et du représentant mondial de la chrétienté sont en harmonie avec la vision de la laicité en Islam. En Islam, la liberté de choisir sa religion (ou de ne pas avoir de religion) est essentielle, ainsi que celle de pouvoir pratiquer librement ses actes de foi.

Or, le dit-"débat sur la laicité" continue de trôner sur la scène médiatique, plaçant la religion musulmane et sa communauté au centre de sa problématique.
Ainsi, tantôt la relation « laïcité et religion » est vue comme une confrontation comme elle l'est dans le débat d'une religion musulmane qui nuierait à la laicité, tantôt comme une harmonie quand elle est appréhendée par les religions musulmane et chrétienne.
Certaines personnes s’élèvent contre cette notion d'harmonie dans laquelle la société comporte des non-croyants et des croyants pratiquants, notion dans laquelle elles voient une atteinte à l’expression de la laïcité et une ouverture à tous les extrémismes.

Les différentes religions expriment la pluralité de la société française d'aujourd’hui mais qu'en est-il de la laïcité ? N’y  aurait-il qu’une modalité de son expression ? De quoi parle t-on, d’une laïcité de l’Etat ou d’une laïcité sociale ?
Le pape comme certains hommes religieux, défendent la nécessité de maintenir une place pour la religion dans l'espace public et plaident en faveur d'une laïcité « ouverte ». Ils perçoivent la religion comme une expression qui  se vit en société, en communauté et non pas une entité cantonnée strictement à la sphère du privé, car cela favoriserait le repli sur soi et la montée des intégrismes. 

Il est interessant de rappeler que ce débat sur la laïcité est né d'une problématique basée sur la religion musulmane, depuis l’affaire du « voile » et la loi contre les signes religieux. Comme si, d’un coup, la révélation qu'il y a des croyants en France ait fait naitre des vocations de fervents défenseurs de la "laicité". Cette "laicité" est alors l'arme déployée pour lutter contre le "voile en France". Ou plutot pour lutter contre les femmes en France qui désirent couvrir leurs cheveux.  

Or, c'est justement pour défendre la laicité et pour bénéficier de ce droit que les personnes doivent employer ce terme, et cette fois-ci à bon escient, pour défendre la liberté spirituelle et le respect de son expression dans la société.

La laïcité n'est pas un frein à l’expression de l’individu mais une valeur neutre et commune à tous les citoyens, qui doit permettre à chacun de vivre dans le respect et la liberté, et non à la merci de valeurs revendiquées par les uns ou les autres, dans un climat de tolérance et d’acceptation de la différence.

L'Etat laïque peut alors viser à l’épanouissement de tous dans une société pluraliste et représentative de sa diversité positive.