Posté le 27 mars 2008 (lectures 4,083)
LFFM: Profession ? euh….. mère au foyer
En ces temps où l'on clame que l'épanouissement passe avant tout par l'emploi, l’image de la mère au foyer est loin d’être valorisée. "Vous travaillez ? Vous faites quoi ?" : C’est la réponse à cette question qui permet aujourd’hui d’exister dans la société. Pourtant, c'est la situation de nombreuses femmes, parfois subie, souvent choisie. Aucune reconnaissance sociale et politique donc pour les millions de femmes qui ne travaillent pas.
Chaque individu a le droit et le devoir de bâtir sa vie et de faire des choix. "Etre mère au foyer" n'est pas "le choix" mais un choix. Explications...



La société dévalorise ces  millions de femmes en considérant qu'elles sont inutiles car trop dépendantes, peu productives (un seul salaire dans le foyer) et trop centrées sur leurs enfants. Les préjugés sont parfois tellement forts que certaines femmes ressentent de la gêne à dire qu’elles sont mères au foyer ? Ne nous martèle-t-on pas que la femme ne doit pas dépendre de son mari et qu’elle doit gagner son indépendance sur tous les plans ? Qu’elle doit se battre afin d’avoir la même place que les hommes dans la société ?

On associe souvent et parfois sans fondement l’image de la mère au foyer à une femme de famille nombreuse, à une ménagère, à une femme qui n'a pas fait d'études ou ne disposant d’aucun bagage intellectuel, ou appartenant à la classe sociale la plus faible. Pourtant, il existe ces femmes souvent diplômées ou à l’orée d’une brillante carrière qui abandonnent  leurs études ou un emploi bien rémunéré soit une certaine sécurité financière, pour aller finalement s’occuper de leurs foyers. Quelles peuvent bien être les raisons qui les pousseraient à faire ce choix ?
Manqueraient-elles d’ambition, seraient-elles profiteuses ou tout simplement paresseuses ?

1. Le principal intérêt invoqué par la majorité des femmes devenues mères au foyer c’est de voir grandir leurs enfants.

 Elles ont expliqué leur choix de rester à la maison par le fait qu’elles préfèrent élever elles-mêmes leur enfant plutôt que de les confier à d’autre et de leur inculquer des valeurs comme famille, respect, partage. Car quelles que soient les croyances, la femme  reste porteuse de valeurs. Par son sens de l’écoute, par ses capacités en matière d’éducation, par son savoir, elle devient un élément indispensable, voire vital pour l’équilibre de la famille et l’essor de la société.

Délibérément, ces femmes ont choisi de donner du temps à leurs enfants mais aussi à d’autres enfants en  prenant en charge de nombreuses activités associatives, para-scolaires, sans lesquelles certaines institutions ne fonctionneraient pas ou peu.
On demande de plus en plus à l’enfant et ce,  dès la fin de la primaire d’être autonome, de rentrer seul, de gérer ses devoirs scolaires et ses problèmes de la journée. Combien de jeunes enfants quittent leur maison tôt le matin pour la garderie ou l’étude pour n’en revenir que très tard le soir avec le retour de leurs parents ?

Certaines ont arrêté de travailler quand leurs enfants étaient petits avec l’intention de reprendre quelques années plus tard. Elles ne le font pas toujours car leurs enfants (et elles avec !) affrontent l’adolescence, âge qui nécessite plus d’écoute, d’attention, de soutien scolaire de temps car les dangers sont de plus en plus grands (délinquance, drogue, échec scolaire, violence…) que pendant leur petite enfance.
Mais ces femmes qui ont fait ce choix et ont eu le courage et la générosité de laisser de coté leur propre intérêt pour s’occuper de leurs enfants, sont parfois mal comprises et leur choix dérange celles qui pensent qu’accepter d’être mère au foyer c’est s’amputer de ses droits. Comment osent-elles revenir sur des acquis du féminisme ?

Cependant, bravement, elles assument complètement leur choix et affirment haut et fort que leur rôle de mère au foyer constitue une activité à part entière et librement consentie. Elles osent affirmer que c’est le plus beau métier au monde car il forme les adultes de demain et donc ceux qui vont diriger un jour.

2. Le fait d’être mère au foyer et d’en être fière remet-il en  cause le travail des femmes ?

En aucun cas ! Au contraire, leur présence dans toutes les sphères de la société est indispensable pour donner à celle-ci un visage plus humain, moins de matérialisme et de violence. Il s’agit simplement de leur permettre de s’occuper exclusivement de leurs enfants pour un temps donné ou pour la vie entière. Il est vrai que nous  sommes dans une société qui ne prend en compte que les biens et les services quantifiables et se montre impitoyable envers ceux et celles qui privilégient une autre échelle de valeurs, loin de tout « gain économique ».

 Choisir de se consacrer entièrement à ses enfants, de passer du temps avec eux, de respecter leur rythme propre, de les sécuriser par une présence constante, de leur apprendre leur religion  n’est pas si dérisoire car élever un enfant ne  se résume pas uniquement à le nourrir et à le vêtir. Il s’agit d’une tache bien plus noble qui consiste à apporter une éducation complète et équilibrée qui s’attache autant au corps qu’a l’esprit. D’ou l’importance de ne pas sous-estimer le rôle de ces mères qui deviennent alors des « écoles » internes au foyer.

Ajoutons que beaucoup de femmes voudraient faire ce choix de rester élever leurs enfants mais leur situation financière ne le leur permet pas et dans ces conditions la liberté de choix est un leurre et c’est là qu’on porte atteinte aux droits des femmes !Certaines mères sont parfois obligées de supporter des conditions de travail difficiles pour subvenir aux besoins du foyer. Aussi pourquoi ne pas  leur donner les moyens de privilégier leur famille, et qu’elles puissent en toute liberté choisir d’être au foyer ou d’exercer un travail salarié ?

En fait il faudrait repenser à une toute autre organisation de la société dans laquelle ce ne serait pas à la femme de s’adapter au monde du travail mais plutôt où le monde du travail s’adapterait aux femmes car l’éducation des enfants doit rester la priorité de toute société.

Il faut donc accepter que loin d’être une fatalité, rester à la maison et s’occuper de son foyer, peut être un vrai choix et ceci sans nier le poids très lourd de la routine, la lassitude causée par la répétition des tâches domestiques et d’ignorer les plaintes de ces mères souvent débordées qui ont alors l’impression de n’être que « chauffeur, intendante, ménagère, cuisinière à plein temps , ni de les présenter comme quelques chose de merveilleux, mais d’admettre que nul ne peut échapper au rythme quotidien, qu’il faut bien se nourrir et nourrir ses enfants, s’habiller et habiller ses enfants. Tous ces gestes de la vie il faut bien les accomplir alors pourquoi ne pas en retenir que le coté affectif et relationnel, profiter de chaque instant donné à son enfant pour lui donner les soins et l’affection nécessaires à son développement.
De même, évitons de tomber dans ces clichés qui nous imposent un certain modèle de liberté et de croire à ces fausses idées reçues qui disent « activité professionnel » équivaut à « libération de la femme et « mère au foyer » va toujours avec « esclavage » .

Au contraire loin de mettre fin aux taches domestiques le travail rémunéré vient se rajouter aux soucis de la gestion de la famille et au  poids de l’éducation des enfants.

Pour ne pas tomber dans son isolement une mère au foyer ne doit pas restreindre son domaine d’action à son foyer car ses rôles aussi diversifiés et aussi indispensables au développement de la famille doivent être également joué dans la société ; Déjà mère, éducatrice, support psychologique elle peut élargir son champs d’action et se ressourcer en s’engageant socialement.


Conclusion

La présence des parents auprès de l’enfant est nécessaire. La mère joue un rôle particulièrement important. Il ne s’agit pas seulement d’élever un enfant mais de l’éduquer, de lui apprendre sa religion, de dialoguer avec lui, de l’écouter, de l’aider à grandir dans les meilleurs conditions, en plus de l'aimer.

Pour mener à bien cette noble tâche, cela nécessite beaucoup de disponibilité et d’attention et ceci dès l’enfance. Certes c’est un travail de longue haleine qui réclame patience et endurance et dont les fruits  ne se récolteront que bien plus tard.

Pour toutes ces raisons, la société doit reconnaître économiquement  ce travail, invisible et non rémunéré fourni par ces mères au foyer, comme un investissement citoyen et cesser de mépriser leur engagement familial, classé dans la catégorie « des inactifs ».

Il est important de renouveler l’image et le rôle de la mère au foyer en l’aidant à sortir de son isolement par la possibilité d’exercer des activités extérieurs. De son coté, elle doit faire l’effort de développer et entretenir ses connaissances, de se cultiver, notamment en matière religieuse pour enrichir son savoir et sa compréhension de la religion, afin de mener à bien le rôle d’éducatrice qui lui incombe.

Certes, concilier sa vie de femme à sa vie de mère au foyer n’est pas chose simple mais tout peut s’apprendre, comme donner au temps sa valeur et ne pas le gaspiller, réorganiser sa vie, pour éviter de se laisser déborder en voulant devenir une « super maman » et d’accumuler du stress (source de pathologies). La vie n’est pas ainsi. Il faut trouver un juste milieu entre négligence et perfectionnisme sans oublier de prendre du temps pour faire des choses qui ne rapportent ni argent, ni succès, mais qui procurent simplement du plaisir.

Garder l’humour et répondre quand on demande votre profession « Je suis Docteur agrégée en développement infantile »*

Liens :

-          Oser être mère au foyer : de Marie-Pascale-Nobécourt



-          Grandir avec ses enfants : de Nicole Prieur

-          Vos enfants ne sont pas de grandes personnes : de Béatrice Copper-Royer

-          Amour, enfant, boulot…..Comment sortir la tête de l’eau : Anne Gatecel et Carole Renucci

-          Eloge des mères : Edwige Antier