Posté le 28 janvier 2008 (lectures 7,574)
LFFM: Mon enfant ne m’obéit plus, que faire ?
De tout temps, élever un enfant n'a jamais été une tâche aisée. La société actuelle connait plus particulièrement un modèle parental "en crise" plus ou moins bien défini dans son fond (méthodes éducatives diverses : des traditionnelles, aux plus modernes) et sa forme (familles recomposées, monoparentales ; familles ou les deux conjoints travaillent etc). On peut évoquer les critiques de certains face à des méthodes "trop laxistes" laissant les « enfants rois » mais finalement pas assez cadrés, et d'autres au contraire qui accusent l’effet néfaste de modèles éducatifs trop autoritaires qui étouffent l'enfant et sanctionnent plutôt que d'éduquer.
Notre article veillera à traiter de ce sujet en dégageant un juste milieu éducatif, notamment celui proné dans la religion musulmane.


Mais que faire face à des enfants qui n’obéissent pas ou font trop des bêtises ?

1. La punition corporelle

Une fessée (attention elle est presque symbolique : elle ne doit pas blessser l'enfant ! ) en cas de betise alors que vous avez déjà expliqué à l'enfant pourquoi telle ou telle chose lui est interdite (car nuisible pour lui ou une autre personne par exemple) fait partie d'une méthose éducative ou la punition corporelle est plus anecdotique qu'une ligne de conduite. Elle est alors acceptable d'un point de vue éthique et éducatif.

Or, certains parents optent pour la punition corporelle pour tout, et justifient leur acte par le fait qu’ils éprouvent de la frustration et de la colère lorsque leur enfant leur désobéit ou qu’il est déprimé et stressé.

Parfois, cet acte montre que le parent n’a pas une bonne compréhension du développement de son enfant et exige trop de lui. Il peut également ignorer d’autres solutions efficaces car ce sont les seules qu’il a apprises durant son enfance et ne fait que répéter les mêmes gestes. C'est le classique schéma du parent battu qui bat désormais son enfant.


La gifle, la fessée ont été et sont encore utilisés pour fixer certaines règles. Toutefois, on peut leur déplorer de nombreuses tares :

- tout d'abord, il ne faut jamais gifler un enfant (sur le visage) : les parents ne réalisent pas toujours les dégats neurologiques et oculaires (pour ne citer qu'eux ) de tels gestes

- outre les sévices corporels de gestes parfois trop violents, ces actes en étant trop répétés peuvent être vécus comme une forme de violence au quotidien. Soit une autorité parentale qui abuse de son pouvoir et qui peut perturber l'enfant psychologiquement et physiquement.

- ils ne permettent pas d’expliquer à l’enfant ou se trouve son tort et ont plutôt tendance à produire un effet déplorable sur le comportement de l’enfant qui devient à son tour agressif.
 Le lien parent-enfant peut se trouver fragilisé par le manque de confiance ou un sentiment d'incompréhension ou d'injustice de l’enfant envers ses parents.

2. La discipline

Frapper un enfant pour reprendre le contrôle, c’est lui signifier que c’est ainsi que l’on parvient à ses fins

La discipline se base sur l’enseignement, contrairement à la punition corporelle exclusive.

Eduquer un enfant, c'est lui inculquer une discipline. Mais qui dit discipline ne veut pas forcément dire violence, autorité et froideur. Eduquer un enfant, c'est lui donner des bases et des outils pour bien grandir et devenir un adulte responsable et équilibré.
Ce n’est pas une tâche facile loin de là, cependant, c'est en commençant par appliquer une discipline positive dans le milieu familial que l'on aide l'enfant à grandir heureux et à comprendre les limites et les explications qui lui sont données.

La façon dont on enseigne la discipline à l’enfant dépend de son âge, de la phase de son développement, de sa personnalité et de nombreux autres facteurs.

La discipline a pour objectifs de protéger l’enfant des dangers (ne pas se mettre en danger physiquement par exemple), de l’aider à acquérir le contrôle et la maitrise de soi, de développer son sens des responsabilités et à établir des valeurs.
Pour commencer, il ne faut pas espérer enseigner des valeurs à un enfant tout en les transgressant soi-même. C'est pourquoi, pour être un parent et un éducateur efficace, il faut respecter certains principes fondamentaux comme :


 Le respect : Vous devez respecter votre enfant et ne pas lui "imposer" son respect à votre égard comme une obligation tyrannique. Et de noter aussi qu'il est parfois difficile pour un enfant de respecter un parent qui se permet de le traiter avec irrespect (les injures par exemple)

La constance : Une discipline qui n’est pas constante déroute l’enfant, quel que soit son âge. Si les parents ne font pas preuve de constance dans la manière dont ils appliquent la discipline, l’enfant aura de la difficulté à respecter les règles car il ne les comprendra plus.

L’impartialité
 : L’enfant doit trouver la discipline juste. Les conséquences de ses gestes doivent être proportionnels à son comportement, et pas à l'humeur du parent ! Si l’enfant fait une bêtise, aidez- le à la réparer et expliquez lui pourquoi c'est mal, puis un fois l’erreur rectifiée, et éventuellement punie si nécessaire (si ça n'était pas la première fois, si l'enfant refuse d'obeir. La punition ne doit pas être disproportionnée. Un petit tour au coin peut permettre de calmer l'enfant) , il faut savoir clore le sujet ! Le parent possède un lien unique avec son enfant, il doit l'entretenir comme un lien très précieux et délicat qu'il ne faut pas traiter à la légère.


3. En Islam 

a. Le bon exemple

Il est juste de reconnaître la faute à sa juste vraie valeur, d’accepter que l’erreur fasse partie de l’éducation en évitant de critiquer de manière intempestive, de faire des reproches ou de punir inutilement.

Les parents doivent se rappeler que les enfants apprennent souvent par l’exemple, en observant et en imitant les parents.

« O vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C’est une grande abomination auprès d’ALLAH que de dire ce que vous ne faites pas » (sourate 61 verset 2-3)


b. L'affection et l'amour

La première règle fondamentale et vitale dans le rôle de parent responsable est d’aimer son enfant.

Le meilleur exemple que nous devons garder à l’esprit est celui de notre Prophète Mohammad (BDSL) qui a su faire preuve d’équilibre dans sa façon d’éduquer et d’élever ses enfants. Ni extrême dureté, ni laxisme ne venaient entacher l’amour et l’affection qu'il témoignait à ses enfants et ses petits enfants.

Il a enseigné que l’amour pour les enfants n’était pas incompatible avec une discipline ferme mais non rigide. De plus, il ne laissait jamais cet amour faire l’objet d’abus afin d’éviter à l’enfant égaré, de s’égarer encore un peu. Il savait toujours agir en fonction de la gravité de la situation et du développement de l’enfant.

Aussi il serait sage pour les parents d’appliquer le conseil qui dit :

 « Joue avec ton fils jusqu’à l’âge de sept ans, éduque- le les sept années suivantes et soit son ami pendant les sept autres années puis laisse le agir selon sa volonté » l’islam recommande donc aux parents de jouer avec leur enfant jusqu'à l’âge de sept ans car cela permet de tisser des liens d’affection ou amour et sécurité seront cultivés.


c) S'organiser et prier

Le Prophète (BDSL) a dit : « Habituez vos enfants à accomplir la prière à l’âge de 7 ans. A l’âge de 10 ans, punissez-les s’ils la négligent et séparez-les au lit » (rapporté par Al-Tirmidhi).
Donc le Prophète (BDSL)) n’a autorisé la correction physique légère, sans brutalité qu’a partir de 10 ans (l’âge du discernement), uniquement pour motiver les enfants à accomplir un acte spirituel, qui pour les croyants, toutes religions confondues, fait partie de l'éducation : « la prière ».
Par conséquent et au regard des hadiths, nous constatons que l’orientation et l’éducation doivent commencer dès le plus jeune âge car l’enfant pourrait s’habituer à des conduites malsaines qu’il serait difficile au fil du temps de faire disparaître.

Enfin, apprendre à son enfant l'importance de prier, même s'il ne comprend pas tout au début, lui permet de développer une spiritualité et un amour de Dieu. En effet, prier n'est  pas un acte imposé avec violence, mais plutot un acte bénéfique enseigné comme tel à l'enfant.
Enfin,  la prière permet à l'enfant de grandir psychologiquement en développant sa reflexion, mais aussi de développer une confiance en la vie en pouvant se confier à Dieu et se sentir responsable de sa petite vie, en se rendant compte petit à petit de ce qui est bien ou pas (en sachant que ses parents veillent sur lui avec attention). Et ne nous y trompons pas : les enfants réfléchissent bien plus que les adultes ont tendance à penser !

Conclusion

Les parents ont une responsabilité particulière : offrir la protection à leur enfant (protection de sa santé morale et physique) et l’éducation appropriée au bon développement de l’enfant.

Et en terme d'éducation, mieux vaut une bonne prévention qu’une grave correction !


Références 

- Le jardin des vertueux

- Le Coran

- L'enfant en Islam de Abdallah Abderahman